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L'Iran promet des attaques "dévastatrices" après les menaces de Trump
information fournie par AFP 02/04/2026 à 13:47

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une allocution à la nation sur la guerre en Iran, à la Maison Blanche à Washington, le 1er avril 2026 ( POOL / Alex Brandon )

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une allocution à la nation sur la guerre en Iran, à la Maison Blanche à Washington, le 1er avril 2026 ( POOL / Alex Brandon )

De nouvelles explosions ont secoué Téhéran jeudi après que le président américain Donald Trump a menacé l'Iran de bombardements massifs, l'armée iranienne promettant en retour des attaques "dévastatrices" contre les Etats-Unis et Israël.

Après plus d'un mois de conflit marqué par des frappes quotidiennes et des milliers de morts au Proche et Moyen-Orient, l'armée israélienne a de son côté contré de nouveaux tirs de missiles venus d'Iran, en pleine fête de la Pâque juive.

Le commandant opérationnel de l'armée iranienne a assuré dans un communiqué vidéo que cette guerre se poursuivrait jusqu'à l'"humiliation" des ennemis de l'Iran, menaçant d'opérations "encore plus dévastatrices".

Il réagissait au discours de Donald Trump qui a promis mercredi soir de frapper l'Iran pendant encore "deux à trois" semaines, dans sa première allocution depuis le début du conflit, déclenché par une offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février.

Ce discours a douché les espoirs des marchés boursiers et pétroliers sur la fin rapide d'une guerre qui déstabilise l'économie mondiale.

A Téhéran, des frappes ont fortement endommagé l'Institut Pasteur d'Iran, et de puissantes explosions ont fait vibrer des bâtiments du centre-ville à la mi-journée, d'autres touchant l'ouest et l'est de la capitale.

Les deux plus grandes aciéries iraniennes ont annoncé être contraintes de cesser leurs activités en raison des frappes israélo-américaines.

Assurant être "proche de remplir" ses objectifs en Iran, le président américain a néanmoins martelé son intention de continuer à frapper le pays "extrêmement durement au cours des deux à trois prochaines semaines".

"Nous allons les ramener à l'âge de pierre auquel ils appartiennent", a-t-il lancé, justifiant notamment la guerre par la nécessité d'empêcher l'Iran d'avoir l'arme nucléaire.

- "Irréaliste" -

Un responsable iranien a cependant affirmé à l'AFP que son pays n'avait pas repris l'enrichissement d'uranium après les frappes israéliennes et américaines de juin 2025 contre certaines de ses installations nucléaires.

"Nous n'avons pas relancé l'enrichissement, et c'était un (...) très gros mensonge", a martelé l'ambassadeur iranien auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Reza Najafi, dénonçant les attaques récentes contre la centrale nucléaire de Bouchehr, dans le sud de l'Iran.

Le président français Emmanuel Macron a estimé depuis Séoul que l'offensive américaine et israélienne ne permettrait pas de régler la question du programme nucléaire de Téhéran "dans la durée", prônant "une négociation approfondie".

Régulièrement critiqué par Trump, au même titre que d'autres alliés dans l'Otan accusés de ne pas assez soutenir les Etats-Unis dans ce conflit, M. Macron a également souligné que "libérer" par la force le détroit stratégique d'Ormuz, verrouillé par l'Iran depuis le début de la guerre, serait "irréaliste".

De la fumée s'élève depuis le site d'une frappe sur Téhéran, le 1er avril 2026 ( AFP / - )

De la fumée s'élève depuis le site d'une frappe sur Téhéran, le 1er avril 2026 ( AFP / - )

- Réunion sur Ormuz -

Cette voie maritime est stratégique pour le transport mondial d'hydrocarbures, et son quasi-blocage par l'Iran fait grimper les prix du pétrole et craindre une spirale inflationniste.

Donald Trump a exhorté les pays dépendants de ce passage pour leur approvisionnement en pétrole, à "s'occuper" eux-mêmes du détroit.

Royaume-Uni, France, Allemagne, Japon et une trentaine d'autres pays doivent se réunir jeudi à distance pour trouver des moyens de restaurer et garantir la sécurité du transport maritime dans ce détroit après la guerre.

Carte montrant les principaux sites énergétiques (dépôts pétroliers ou gaziers, raffineries, gisements, centrales électriques, sites nuclaires civils ou militaires...) visés depuis le début du conflit au Moyen-Orient, à la fois en Iran et dans les pays voisins, du 28 février au 31 mars à 10h00 GMT, selon un recensement non exhaustif d'attaques de l'ONG Acled et les informations récoltées par les bureaux de l'AFP ( AFP / Sylvie HUSSON )

Carte montrant les principaux sites énergétiques (dépôts pétroliers ou gaziers, raffineries, gisements, centrales électriques, sites nuclaires civils ou militaires...) visés depuis le début du conflit au Moyen-Orient, à la fois en Iran et dans les pays voisins, du 28 février au 31 mars à 10h00 GMT, selon un recensement non exhaustif d'attaques de l'ONG Acled et les informations récoltées par les bureaux de l'AFP ( AFP / Sylvie HUSSON )

Si l'Iran souhaite le fermer à ses "ennemis", il s'est engagé selon les Philippines à permettre aux cargaisons de pétrole de ce pays de traverser le détroit pour rejoindre l'archipel, largement dépendant des importations.

Les cours du pétrole, qui s'étaient repliés mercredi avec l'espoir d'une possible issue rapide au conflit, se sont envolés après le discours de Trump. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, a dépassé les 108 dollars.

Les places financières ont aussi inversé la tendance, virant au rouge, aussi bien en Europe, où Paris cédait 1,24%, et Francfort 1,55% dans les premiers échanges vers 07H10 GMT, qu'en Asie où l'indice Nikkei de Tokyo a clôturé en baisse de 2,4%.

Pékin a accusé les opérations américaines et israéliennes contre l'Iran d'être la "cause première" du blocage d'Ormuz et exhorté les belligérants à entamer "au plus vite" des pourparlers de paix.

- Cessez-le-feu -

M. Trump n'a pas mentionné de cessez-le-feu dans son discours de mercredi soir, après avoir assuré quelques heures auparavant que son homologue iranien, Massoud Pezeshkian, en réclamait un. La diplomatie iranienne a démenti l'existence de négociations directes avec Washington.

L'allié israélien de Donald Trump, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avait insisté mardi soir sur le fait que la campagne contre l'Iran n'était "pas terminée", bien qu'il estime lui aussi avoir rempli une partie de ses objectifs en portant "un coup" aux programmes nucléaires et balistiques iraniens.

En Israël, visé par quatre séries de tirs de missiles iraniens, quatre personnes ont été légèrement blessées. Le Hezbollah libanais pro-iranien a également revendiqué des attaques sur le nord du pays, sans victime ni dégâts selon les autorités israéliennes.

Une frappe israélienne sur un bâtiment à proximité de l'autoroute menant à l'aéroport international de Beyrouth, le 31 mars 2026 au Liban ( AFP / FADEL itani )

Une frappe israélienne sur un bâtiment à proximité de l'autoroute menant à l'aéroport international de Beyrouth, le 31 mars 2026 au Liban ( AFP / FADEL itani )

A Bagdad, l'ambassade des Etats-Unis a averti que des groupes armés irakiens pro-iraniens pourraient mener lors des prochains jours des attaques contre le centre de capitale irakienne, où elle se trouve.

Dans le sud du Liban, où l'armée israélienne gagne du terrain, une frappe israélienne a détruit un bâtiment, dont les secouristes ont fouillé les décombres à la recherche de victimes, a constaté l'AFP.

Le bilan d'un mois de frappes israéliennes dans ce pays s'élève désormais à plus de 1.300 morts selon le gouvernement.

20 commentaires

  • 15:10

    Boursorama est pro iranien est n’accepte pas l’histoire mais uniquement les intérêts de ses propriétaires qu’est la banque SG


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